
Les expulsions massives d’individus ressortissants d’Afrique subsaharienne, maliens, sénégalais, ivoiriens, fait les choux de la presse nationale et internationale, et provoque un débat passionné au sein de l’opinion.
Voici les explications et la position du gouvernement, exprimé à travers un document fleuve du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur, rendu public, dimanche soir.
Le département affirme que « la Mauritanie, terre d’accueil de toujours, reste ouverte pour les ressortissants étrangers en situation régulière » dans un communiqué publié dimanche.
Revenant l’indignation suscité par ces expulsions, le document du gouvernement rappelle que «depuis quelques jours, un pan important de l’opinion publique mauritanienne est gagné par un débat autour d’un sujet à la fois crucial et complexe, à savoir : la question migratoire.
Les intervenants dans ce débat, qui s’expriment à travers des commentaires et analyses, souvent par méconnaissance de la complexité humaine inhérente à cette situation, se manifestent, quelques fois à dessein non dépourvu hélas, de malveillance. Sur ce sujet, on a pu relever, ca et là, la diffusion d’une foule d’informations où se mêlent l’amalgame, la confusion, l’alarmisme, l’intoxication et la surenchère ».
Déplorant une approche partielle destinée à l’analyse d’une question de fond, le gouvernement explique que « les milieux qui se sont livrés à la propagation de ces informations confondent trois (3) aspects liésmà la question migratoire, de registres et de statuts différents, tant vis-à-vis de la réglementation qu’à l’égard des principes et usages, s’appliquant distinctivement, à chacun des trois (3) cas ».
Au-delà des incompréhensions mises en exergue à travers le communiqué, le gouvernement mauritanien affirme « une claire conscience de l’intérêt du débat sur la question » et rappelle les 3 types de migrations venant des pays voisins: « une migration régulière, une migration de réfugiés et une migration irrégulière.
La Mauritanie accueille déjà des ressortissants des pays voisins du Nord et du Sud, dont certains sont des réfugiés et d’autres des migrants traditionnels.
Le statut de ces 2 catégories de migrants est régi par une réglementation bilatérale et/ou internationale. Ces ressortissants sont chacun en fonction de sa spécificité, considérés comme des résidents réguliers, bénéficiant, à la lumière du titre de séjour, dont ils sont détenteurs, de tous les droits, dans leur seconde patrie qu’est la Mauritanie».
Le document fleuve rappelle que la Mauritanie, ses voisins du Nord et du Sud, partagent le même environnement, caractérisé depuis la nuit des temps, par une mobilité des populations, « un espace géographique avec des liens de sang, des références historiques communes, des cultures plurielles pétries d’un Islam sunnite tolérant. Un héritage culturel, sociologique et religieux pour la sauvegarde duquel la Mauritanie a toujours œuvré sans relâche, contre vents et marées, pour développer les liens de bon voisinage, d’amitié et de fraternité ».
Evoquant le contexte géopolitique, le gouvernement insiste sur le caractère spécifique de « la migration irrégulière, un phénomène contemporain, qui sans maîtrise, risque de saper le climat mutuel d’hospitalité et de quiétude entre les populations des pays liés par une histoire commune transcendant toute territorialité.
Aujourd’hui, la migration irrégulière a pris des proportions qui ne servent ni le pays de transit, ni les pays d’accueil et encore moins les pays de source. Car elle porte et dissimule, souvent, sous son flanc, d’autres défis sécuritaires, des trafics de toutes sortes, y compris d’êtres humains, affecte et complique le bon fonctionnement de la migration régulière».
Le communiqué évoque une gestion de la migration en collaboration avec les pays voisins pour préserver la mobilité en conformité avec les règles: « délivrance des cartes de résidents sur une procédure simplifiée, pour préserver une migration régulière ».