Faits divers… Faits divers… Faits divers…

17 August, 2017 - 02:17

Infanticide à Toujounine

Une nouvelle fois, les quartiers périphériques de Toujounine sont les théâtres de drames macabres. Après le pendu de Dubaï, les viols et agressions de Leegeïla et les cambriolages incessants de Bouhdida et Tarhil, c’est d’un tas d’immondices, à Mbeïllet Achra, que s’élevait, au matin du mardi 8 Août, une odeur pestilentielle. Des enfants qui fouillaient les ordures y découvrent, dans un sac en plastique, le cadavre d’un nouveau-né. L’alerte est aussitôt donnée et les badauds du quartier affluent, avant les autorités dépêchées pour les formalités d’usage. Un médecin examine le petit corps et atteste que le nourrisson a été égorgé, une ou deux heures après sa naissance.

Des agents du commissariat de police Toujounine 2 mènent leur enquête aux alentours. Le lendemain, ils arrêtent une jeune fille, habitant tout près du dépôt d’ordures où le cadavre a été découvert. Fraîchement rentrée de l’intérieur du pays, elle est âgée de vingt-deux ans. Lors de sa garde-à-vue, elle craque et avoue avoir fui sa famille pour se débarrasser de son enfant. Après vingt-quatre heures passées au commissariat, elle est déférée, accusée d’infanticide et écrouée à la prison des femmes.

 

Tentative de suicide

On n’a de cesse de le souligner, le suicide est devenu malheureusement courant dans notre société. Morale et éducation religieuse déficientes, aliénation à la vie occidentale, impacts négatifs des films d’horreur et de violence, autant de facteurs dégradateurs, parmi tant d’autres, des comportements de la jeunesse, jusqu’à cette pire extrémité. Aucun foyer n’est désormais à l’abri du suicide et autres maux sociaux importés.

Agée de vingt ans, F.M.T. vit à Dar El Beidha, à l’extrême sud de Nouakchott. Le prétendant qu’elle voulait épouser a été éconduit par ses parents et, depuis, ont-ils remarqué, elle se fait très rare à la maison. Elle n’y revient toujours que très tard. On finit par constater son état de grossesse avancée. Mais elle a pu faire établir son mariage légal par le cadi. L’affaire aurait donc pu s’en arrêter là. Malheureusement, ses parents ne l’ont pas entendu ainsi et ont décidé de la renier. Elle perd alors courage et, décidant de se donner la mort, se rend à la pharmacie, achète une boite de Nivaquine, s’enferme dans sa chambre et absorbe la totalité des comprimés. La voilà bientôt dans un profond coma. Grâce à Dieu, quelqu’un de sa famille la découvre très peu de temps après et on l’évacue dare-dare au CHN où les médecins s’acharnent deux heures durant, à les sauver, elle et son enfant. Une césarienne permet d’extraire le bébé sain et sauf. Un vigoureux lavage intestinal sort la jeune fille de son triste sort. Son état s’est stabilisé.

 

Il était une fois la BRB

La Brigade des Recherches du Banditisme (BRB) est une unité d’élite chargée de mater le banditisme et la délinquance à Nouakchott. Pendant une vingtaine d’années, ces vaillants policiers y sont partout intervenus pour arrêter tout malfaiteur menaçant la quiétude des citoyens. C’est en 1997 qu’elle fut fondée, avec l’aval de feu Ely ould Mohamed Vall, directeur général de la Sûreté à l’époque, par le commissaire Mohamed ould Brahim ould Siyed, alors directeur régional de la Sûreté à Nouakchott. Cette année-là, le crime atteignait ses premiers sommets, avec « El Mokhnez », un grand bandit qui semait la terreur dans la capitale mauritanienne. Le premier responsable de la BRB fut le brigadier feu Mohamed Yeslem ould Hamdinou, dit 700. Choisi pour son expérience et sa connaissance du milieu délinquant, il accomplit, cinq années durant, un véritable travail d’Hercule. Après avoir mis fin, l’année même de son installation, aux agissements du charlatan malien au serpent, il démantela nombre de bandes et   réseaux clandestins. Feu 700 était vraiment à la hauteur de sa mission, quoiqu’en aient bavassé ses détracteurs. Il avait disparu tragiquement dans des circonstances mystérieuses. Sa tragique mort, en 2001, a donné lieu aux plus folles rumeurs.

Son second, le brigadier Didi ould Moubarak, prit le relais et géra la brigade d’une main de fer, durant quinze ans, malgré les critiques. Ce n’est pas peu dire qu’il dépassa, de loin, feu 700, tant par la méthode que par sa science du monde criminel. Une enquête piétinait-elle sur un meurtre ? On faisait illico appel à Didi et ses hommes, avec les plus sûres chances de succès… Malheureusement, la décision, voici quelques mois, de muter tout les éléments de la BRB, a décapité les recherches sur crime à Nouakchott. L’incapacité de la brigade à élucider l’affaire BMCI en est une des preuves les plus cinglantes… Résultat des courses, le taux de criminalité est nettement en hausse, cette année, par rapport à la précédente où l’ancienne BRB était encore en action. Pourvu que cela ne dure pas !

Mosy