Biram en première ligne

27 August, 2014 - 02:12

Biram Dah Abeïd a déclaré, le lundi 25 Août, que son organisation attend, de pied ferme, la répression promise par le Président. « Mohamed Ould Abdel Aziz a déclaré qu’il va se consacrer à la répression et à l’éradication de l’IRA. Je suis au courant que la COD, le FNDU, l’APP, El Wiam, les érudits et toutes les corporations incluses, dans la corruption généralisée, et enrégimentées, contre les Haratines […] ont, à plusieurs reprises, demandé, à Ould Abdel Aziz, de réprimer davantage l’IRA qui représente, à leurs yeux, un danger public ; un trouble à « l’ordre » national. Nous sommes habitués à entendre ce genre de discours. Ici je réaffirme, à ces gens, que je persiste et signe, dans ma ligne de conduite et que l’IRA persiste et signe, dans sa ligne de conduite. Nous attendons, de pied ferme, la répression qu’ils promettent ». Qualifiant le pouvoir d’Ould Abdel Aziz de « raciste », Biram a illustré ses propos en citant la répression des déportés marcheurs et la récente incursion de groupes racistes à Niabina dont les habitants, on s’en souvient, furent terrorisés suite à la prétendue disparition d'un maure. « Cela prouve l'exacerbation de la gouvernance raciste, violente et sectaire des négrophobes en Mauritanie ». « Cela s'est traduit, aussi, par la nomination », note encore le leader haratine, « d'Ahmed ould Ehil Daoud, érudit esclavagiste notoire, au poste de ministre des Affaires islamiques et de l'enseignement originel. L’homme s’est fait tristement connaître par ses propos racistes et esclavagistes, ses appels à la castration et à la répression de militants abolitionnistes ». Sa déclaration incendiaire, en 2012, sur la radio publique, lui avait d’ailleurs valu limogeage de son poste de conseiller, suite aux manifestations des militants de l’IRA et à l'émoi suscité, par ses déclarations, au sein des parlementaires et des partis politiques.

Le retour d’Ahmed ould Ehil Daoud « en dit long sur les intentions du pouvoir d'aller encore plus loin, dans l'institutionnalisation de l'esclavage et du racisme en Mauritanie », souligne Biram. « Il est promu, alors que Cheikh Vall et deux autres de nos camarades sont détenus, suite à de lourdes condamnations, pour avoir dénoncé le racisme et l'esclavage. Perpétuation du mensonge, par ce régime qui promeut les esclavagistes les plus obscurantistes et réprime les militants pacifiques ». Le leader de l’IRA a dénoncé, par la même occasion, le maintien en prison de Cheikh Vall, retenu arbitrairement en prison, bien qu’il ait fini de purger sa peine de six mois.

Et Biram de signaler qu’en la nouvelle affaire d’esclavage à Nouadhibou – voir article dans ces mêmes colonnes – l'autorité est intervenue, en faisant « ombrage à la procédure judiciaire », alors que le juge avait placé, en détention provisoire, la criminelle présumée, Zeïna mint Babé des El Soueïd’Ahmed (Tagant). Celle-ci a été libérée, tandis que sa victime, Vatma mint Mohamed (Moudjéria), séquestrée, aurait été « remise à ses maîtres ». Avant de lancer un appel, à tous les Mauritaniens, à « se dresser contre ce régime fossoyeur et à s'ériger contre son entêtement », Biram Dah Abeïd a réitéré l'engagement d’IRA-Mauritanie, « plus que jamais d'actualité », à faire strictement appliquer la législation contre l'esclavage. Il a aussi appelé les partenaires de la Mauritanie à rester vigilants, sur les agissements du pouvoir envers les plus humbles.